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« C’est mon point de vue » est une phrase que j’ai entendue des milliards de fois et j’ai créé un jeu, le ScraZami  pour montrer justement que « Tout n’est que point de vue », mais aussi pour rappeler que nos « points de vue  » ont pour source des peurs telles que :  ne pas être reconnu, de se sentir humilié ou oublié, de manquer de quelque chose, de devoir travailler plus, de manquer de temps, de perdre, de ne plus être dans « la norme » (donc imparfait ?), de perdre de l’argent ou ce que l’on convoite, de perdre son autonomie ou son pouvoir, etc. En d’autres mots, nous cherchons à défendre « nos intérêts » afin que les choses changent à NOTRE AVANTAGE ou que nos acquis soient maintenus.

Plus d’infos sur ces peurs dans le reportage de Anthony CHÊNE « Renaître » que vous pouvez voir sur la page « Nous pensons comme eux ».

Avoir un « point de vue » est finalement un processus fort individualiste fortement approuvé/médiatisé/promotionné par notre société qui cherche le « chacun pour soi », le « faire tout soi-même » mais aussi à « accaparer notre attention », à nous distraire afin d’être moins critique, donc plus docile et manipulable. Alors on s’isole, on recherche la sécurité en restant « entre les mêmes ». Nous restons dans notre zone de confort. Plus loin la vidéo qui explique, en partie, ce qui s’est passé : « Le Temps de cerveau disponible ».

Or, si nous voulons coopérer avec d’autres et ainsi nous inclure dans la société, il y a lieu de partager des « points de vue communs  » afin de créer des « orientations pédagogiques communes ».

Ceci est d’autant plus précieux quand on travaille avec des personnes qui comptent sur nous pour s’épanouir et s’inclure DANS LE MONDE.

Quand on parle « inclusion », il y a une logique et une définition historique qui semble être différente selon les professionnels de la prise en charge d’une personne ayant des difficultés.

Oui, bien sûr, il faut: 

  • Favoriser le Bien-être des personnes ayant un handicap. C’est comme cela depuis toujours, mais cela n’oblige pas qu’elles soient uniquement entre elles DU MATIN AU SOIR :  institutions, écoles, loisirs, activités entre institutions, vacances, etc. 

Exemples:

1) C’est un peu comme la Gay Pride et les dancings pour les homosexuels et lesbiennes. Cela doit exister, mais si ces personnes veulent être « acceptées » dans notre société, elles doivent oser se montrer, OSER AFFICHER LEUR AMOUR et être fières de leur différence. Cela doit exister, mais croire que ces personnes ne se rencontrent que dans ces dancings et lieux de « partage » (Je préfère ce mot à « lieu de rencontre ») c’est encore croire au Père Noël ou à Saint Nicolas.

2) C’est pareil pour les personnes âgées, si elles sont continuellement entre elles il y a un problème. Elles doivent rencontrer des personnes plus jeunes et des enfants pour continuer à se sentir utiles.

3) Idem pour les personnes étrangères. Si elles restent continuellement entre elles, comment voulez-vous que l’inclusion se fasse?

Faire croire que les personnes des 3 catégories citées en exemple vont trouver dans des « dancings spécialisés » rien que pour elles la personne qui comblera leur solitude, leur besoin de reconnaissance et, osons le dire, leur sexualité est aussi violent que de croire qu’il n’y a que dans les dancings et les boîtes de nuit que l’on trouve son compagnon ou sa compagne. C’est un peu facile. Mais c’est vendeur effectivement . Le parfum AXE y a pensé aussi: un petit jet et vous attirez tout le monde…

Viser le Bien-être d’une personne est très important et ceci DEPUIS TOUJOURS. Mais pas besoin de faire des expos style « Supers Caniches et autres Toutous » pour y apprendre à « relooker » nos personnes porteuses d’un handicap. Il y a en Belgique, et je suis sûr dans tous les pays du monde, des coiffeurs, coiffeuses, esthéticiens (nes) compétents (es).

Nous, professionnels de l’accompagnement des personnes ayant une difficulté, allons avec nos jeunes et nos adultes là où tout le monde se coiffe, s’habille, se maquille, se détend, se restaure, etc. Bien entendu, pas en grand groupe.

  • « Il faut les distraire, les récréer comme tout le monde », ai-je aussi entendu des milliers de fois. Mais à nouveau pas continuellement rester entre les mêmes. Ce ne sont pas des sortes de pettis caniches précieux que l’on sort. Dans le sport c’est différent, là on peut rester dans les mêmes catégories car là, la compétition règne en maître. Là, on sélectionne, on trie, on ne garde que les meilleurs et on fait tout pour que les « perdants » acceptent au mieux la défaite… Les sportifs deviennent des produits de consommation un peu comme les fruits et les légumes et autres produits industriels: on sélectionne les plus beaux.

Mais , SVP, pas pour tous les domaines. Pourquoi toujours être  plus beau, plus fort, meilleur que son voisin? Une nouvelle croyance ou un  marché à prendre?

  • « Il faut leur apprendre des choses utiles afin d’être plus autonomes, selon leurs capacités, telles que : lire, calculer, prendre un bus, un train, donner son avis, gérer une relation amoureuse et sexuelle, gérer de l’argent, remplir certains documents, cuisiner, lessiver, gérer un ménage, etc. » Cela aussi je l’ai souvent entendu et ne faut pas remettre cela en question . Mais cela n’implique pas de tout faire à leur place, de les surprotéger, de les isoler, les cacher. Plus loin, un petit extrait du film « Oui mais » explique bien cela. Attention au « syndrome de la ScraMèrePoule » (Cf.le ScraZami) qui veut protéger/sauver son petit monde. En Impros-J’Eux, nous cherchons à responsabiliser les personnes. C’est un tout autre programme.

Il est donc grand temps de remettre les pendules à l’heure et revenir à la « vraie » définition de l’ INCLUSION. Allons-y gaiement! 

Pour le Larousse: Inclusion = nom féminin (latin inclusio, -onis) .

Définitions: Inclusion: action d’inclure quelque chose dans un tout, un ensemble; état de quelque chose qui est inclus dans autre chose : L’inclusion d’une clause nouvelle dans un contrat/ Insecte, fleur, petit objet quelconque conservé dans un bloc de matière plastique transparente.

BiologieÉlément cellulaire nettement délimité, mais incapable d’auto duplication, subissant une répartition plus ou moins inégale lors des mitoses. (Les inclusions sont soit des déchets, soit des réserves alimentaires.) Substance figurée intracellulaire n’appartenant pas aux constituants normaux de la cellule (par exemple inclusion virale).

MathématiquesRelation binaire entre ensembles, notée ⊂, définie par A ⊂ B si et seulement si A est inclus dans B. (L’inclusion est une relation réflexive, transitive et antisymétrique. On peut donc définir une relation d’ordre [non total] sur la collection des ensembles.)

Métallurgie: Matières métalliques ou non, en général indésirables, réparties dans un métal ou alliage.

Minéralogie: Corps étranger (solide [cristallisé ou vitreux], liquide ou gazeux) contenu dans la plupart des cristaux et des minéraux.

Odontologie: État d’une dent qui reste contenue dans le maxillaire ou dans les tissus mous voisins.

Verrerie: Hétérogénéité due à la présence d’un corps étranger dans le verre.

Pour Wikipédia  (Wiktionnaire) : étymologiquement cela vient du latin : inclusio qui veut dire  » enfermement » avec réfection du sens sur inclure.

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                           Bon ok ! C’est assez barbare en effet !

Retenons la première définition : « Action d’inclure quelque chose dans un tout, un ensemble; état de quelque chose qui est inclus dans autre chose : L’inclusion d’une clause nouvelle dans un contrat ».

En Belgique, la Région Wallonne,  depuis bien des années, a bien décrit ce que veut dire « inclusion », mais aussi « la cohésion sociale ». Il semble que beaucoup de personnes oublient la définition exacte.  Cette vidéo l’explique bien. Elle n’est pas longue et vaut la peine d’être regardée.

N’étant pas hyper satisfait des définitions de l’inclusion, j’ai continué à explorer Google et j’ai trouvé le site de  « La Toupie » :

– « La notion d’inclusion sociale a été utilisée par le sociologue allemand Niklas Luhmann (1927-1998) pour caractériser les rapports entre les individus et les systèmes sociaux (Sociale System / Systèmes sociaux : Esquisse d’une théorie générale, 1984). Il a réservé le concept d’intégration sociale aux rapports entre systèmes sociaux .

L’inclusion sociale est considérée comme le contraire de l’exclusion sociale. Elle concerne les secteurs économiques, sociaux, culturels et politiques de la société ».

Selon « La Toupie », les leviers d’action pour favoriser l’inclusion sociale, qui varieraient suivant les pays (comme quoi l’inclusion n’est pas encore bien comprise partout) sont :

L’accès aux infrastructures et aux services sociaux.

Pour moi, cela veut donc bien dire l’accès à toutes les infrastructures et services sociaux qui existent déjà. Non pas des différents ! Pas des « spéciaux » pour personnes ayant un handicap.

Un système redistributif pour réduire la pauvreté dont l’exclusion sociale est l’une des conséquences.

Ici je comprends que cela veut dire: « permettre à toute personne d’avoir les moyens d’aller partout. Il faut alors des prix démocratiques, de l’accessibilité, des moyens de transport pratiques et réguliers ».

Si ce n’est pas fait, c’est la porte ouverte à « l’assistanat des sauveurs » et à l’avidité des « marchands de larmes » qui profitent du système. Ces derniers  jouent avec l’émotion des donateurs/mécènes afin d’aider ces « pauvres petits ».

Résultats = une perte d’autonomie pour les personnes n’ayant pas de grands moyens financiers ou qui doivent dépendre d’autres pour les transports…

En fait, c’est notre société qui ne s’est pas assez adaptée. L’inclusion totale n’est donc pas encore faite. Il y a encore du travail à faire.

Nous venons de très loin, cela s’est sûr. C’est mieux qu’avant!  Oui en effet.  Donc il faut continuer à progresser. Progresser! Pas régresser comme c’est le cas actuellement.

Vous pourrez voir, ci-dessous, un joli reportage qui explique d’où l’humanité provient par rapport à l’handicap. Mais n’oublions jamais qu’il y a très peu de temps, un dictateur voulait supprimer les juifs, les noirs, les roux, les handicapés, etc. D’autres, aujourd’hui, construisent des murs… pour favoriser le « chacun chez soi ». 

Il y a encore du travail à faire. La question reste donc posée. Pourquoi vouloir créer un « nouveau monde » rien que pour les personnes porteuses d’un handicap? Mettre des personnes dans des bulles, des boîtes, des activités rien que pour elles, c’est de l’intégration (on les intègre dans des structures « adaptées » où leurs actions doivent être « intègres » sans quoi elles y sont excluent). Dire que faire cela c’est de l’inclusion c’est un MENSONGE. 

L’inclusion, c’est accueillir tout le monde et adapter l’accessibilité. Cette « inclusion » nécessite qu’il faut « provoquer les Rencontres », car il y a encore beaucoup de peurs de part et d’autre: peur de l’inconnu, du handicap, de l’agressivité, des moqueries, peur de perdre son autorité si les personnes deviennent autonomes, etc. Je signale ici que la Rencontre est écrite avec un R majuscule pour rappeler que c’est une véritable Rencontre Humaine et pas juste une rencontre sexualisée.

L’ASBL Impros-J’Eux  vise les Vraies Rencontres depuis août 2000. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas facile. C’est un véritable défi social. Mais ce n’est pas le seul que nous relevons vu que nous proposons nos activités SANS COMPÉTITION ET SANS ÉLITISME. Dans la société actuelle, cela fait un peu tache de propre sur un tableau fort gribouillé.

La reconnaissance du travail non rémunéré.

Selon La Toupie c’est important. Je le confirme et vous pouvez le lire sur la page « LE BESOIN DE RECONNAISSANCE », car il est important de se sentir utile. C’est un besoin fondamental. Pour les personnes porteuses d’un handicap aussi. Mais le « travail » n’est pas la seule façon d’amener cette reconnaissance, faire « comme si » cela n’existait pas « pour eux », ce n’est pas leur rendre service. 

La seule solution est : être utile à la communauté. 

Lorsque nous faisons nos Rencontres d’Impros-J’Eux, les Improsjistes sont fiers de créer des histoires et des projets avec les personnes rencontrées et fiers de montrer/partager leurs passions.

L’argent a toujours été une difficulté pour l’ASBL, car nous désirons Rencontrer les gens et en même temps, nous voulons qu’ils nous invitent en payant le gîte et le couvert.  Comme nous ne sommes pas « un hébergement », un centre de jour, un centre culturel, une école spécialisée, une entreprise de travail adapté, nous ne recevons pas de subsides. Seule l’Aviq (Agence wallonne pour une Vie de Qualité) paie nos animations/ Rencontres afin de sensibiliser les écoles à l’inclusion et à la vie des personnes porteuses d’un handicap.

En conclusion : si la valeur « utilité » pouvait être mieux appréciée ce serait différent pour tout le monde. Voilà pourquoi nous espérons être un jour reconnu comme « Centre d’Expression et de Créativité ».  Nous mettons réellement en valeur les capacités créatives des personnes et leur permettons de montrer à d’autres ce qu’elles savent faire et comment elles ont fait (intention, projet, étapes, difficultés rencontrées, choses mises en place pour dépasser la situation, ressources trouvées, présentation) pour y arriver. 

La réduction du chômage de longue durée.

Ici , via le site de La Toupie, je n’ai pas beaucoup plus d’explications. Mais cela me fait penser que le bénévolat devrait être encore plus valorisé et la somme maximale afin de ne pas être taxé devrait être augmentée.

Si j’avais eu l’opportunité dans ma vie d’être le responsable d’une institution pour personnes porteuses d’un handicap, je suis sûr que j’aurais mis en place avec mon équipe:

  • un jardin communautaire
  • un compost communautaire
  • un poulailler communautaire (On aurait été chercher les seaux de déchets chez les gens et auraient rendus les seaux propres. Ceux qui donneraient les déchets auraient des œufs gratuits)
  • une mare didactique
  • une ferme didactique
  • nous aurions proposé des activités gratuites dans la commune:  entretien des berges, des sentiers, etc.  C’est pour cela que l’ASBL Impros-J’Eux a une Givebox. C’est déjà cela. Bientôt nous espérons pouvoir offrir des fleurs et plantes (style les « Incroyables comestibles ») 
  • un café papote
  • un resto convivial
  • un atelier de recyclage (du plastique notamment)
  • les éducateurs de jour iraient conduire nos jeunes et adultes « partenaires » dans les écoles et loisirs inclusifs existants aux alentours (En prépa une future page).  Si ce n’est pas possible pour tous, les activités de jours seraient des activités citoyennes utiles à la collectivité. Les éducateurs du soir devraient obligatoirement conduire nos « partenaires » dans des activités de loisirs « classiques ». Ils accompagneraient les personnes à ce moment là. Exemples: salle de fitness , coiffeurs (ses), salon de beauté, cours de cuisine, judo, yoga, cours de math, etc. Pas besoin de faire dans l’institution des salles de musculation/ fitness (si ce n’est 2 ou 3 appareils comme chez tout le monde), de salle super cocoon/style mini Snoezelen, de salon de coiffure, de classe…
  • etc. 

Tout ceci pour créer des liens bien entendu, MAIS AUSSI POUR MONTRER QUE LES PERSONNES PORTEUSES D’UN HANDICAP PEUVENT ÊTRE UTILES A LA COMMUNAUTÉ.

La valorisation de manière égale de toutes les populations et communautés via une meilleure alphabétisation, une meilleure éducation.

Une éducation dans les mêmes écoles, comme tout le monde, mais avec une aide spécifique pour les personnes porteuses d’un handicap. Il est de plus en plus prouvé que c‘est plus épanouissant pour tout le monde que les personnes porteuses d’un handicap soient présentes dans les classes dites « normales » aux lieux d’être dans des classes « spécialisées ».

Actuellement, notre société cherche à nous mettre dans des couches pour que nous soyons « conformes ». Il est temps que cela change.

        

Nous, nous préférons proposer une société plus « ratatouille »

Voici une conférence de Bernard SIEGLER qui explique comment nous en sommes arrivés à cela. C’est long, mais cela vaut la peine de savoir ce qui s’est passé. 

Dernièrement, j’ai lu un article super bien écrit par Marine TIGNON du site « Rêvons ensemble une société inclusive » (Espace d’échanges et de réflexion sur la place des personnes handicapées dans notre société).

Elle dit dans un de ses articles: « La société inclusive est celle qui va mettre à l’intérieur de ses frontières, de ses valeurs, de ses normes, tous ceux qui en font partie de droit. Dans une société inclusive, chacun a sa place ! ».

Elle propose ce schéma pour illustrer la définition d’une société inclusive et la distingue d’une société qui intègre, exclut ou entraîne la ségrégation :

 

Marine TIGNON dit aussi qu’entre l’intégration et l’inclusion, le rapport à la norme est différent :

L’intégration va permettre à quelques-uns de ceux qui sont dehors, exclus de la norme du système ordinaire, de venir en faire partie. La condition de l’intégration était de rejoindre la norme, d’être au plus près de la norme, d’avoir surmonté, voire annulé, ce qui constituait le hors-norme.

Dans une société inclusive, il n’y a pas ceux qui sont dans la norme et les autres.Tout le monde est « normal », quel que soit l’écart à une pseudo-norme qui serait définie par une moyenne de performance dans une population. La norme est élargie à tous. Qu’on soit fille ou garçon, noir ou blanc, valide ou handicapé, sourd ou entendant, on fait partie de la norme, on fait partie de l’environnement ordinaire, on ne peut plus en être exclu. Ce qui veut dire que les environnements faits pour les hommes, pour TOUS les hommes doivent être normés pour tous, c’est-à-dire se rendre accessibles à tous. C’est donc à l’environnement de changer pour prendre en compte l’élargissement de la définition de la norme.

Ce n’est donc plus à la personne handicapée de s’adapter pour tenter d’atteindre la norme. La notion d’inclusion nous engage par conséquent à voir autrement ce que c’est d’être pleinement humain, à se représenter autrement la place des personnes handicapées dans la société, et à ne pas vouloir réparer les personnes avec des différences pour les faire rejoindre à tout prix le cercle fermé de la normalité qu’on a soi-même préalablement définie.  

Marine TIGNON cite souvent des phrases tirées du livre de Charles GARDOU : « La société inclusive, parlons-en ! Il n’y a pas de vie minuscule ».

Pour ce dernier: « une société inclusive ne défend pas seulement le droit de vivre mais celui d’exister ».

Selon lui, « la plupart des personnes en situation de handicap sont dans la société sans y être réellement et sans en être vraiment. Elles gardent toujours un sentiment d’extranéité. […] Aux mains des autres qui décident pour elles ; qui les prennent en charge sans les prendre en compte comme sujets et acteurs de leur propre histoire et d’un récit commun. Privées du droit à l’insoumission et réduites au rôle de patients, elles vivotent ou survivent. »

Je partage à 100% ce que disent Marine TIGNON et Charles GARDOU. En effet, l’accompagnement des personnes handicapées a considérablement évolué, nous pouvons les voir bien plus qu’avant, mais sans pouvoir leur parler vraiment, sans pouvoir entendre ce qu’elles disent. C’est bien dommage. On ne fait que les côtoyer. Ce n’est pas suffisant!

Pour Charles GARDOU, 4 éléments sont nécessaires pour permettre d’exister à une personne fragilisée par un handicap :

1 « Valoriser ses ressources, ses capacités, d’intensité et d’expression variable. Sous ses limites apparentes, ses compétences enfouies, ses talents, sa créativité. Son génie singulier. Il n’est personne qui n’apporte une contribution, du moins potentielle, à la culture et qui n’interroge le fonctionnement social ».

Comme Marine TIGNON et Charles GARDOU, je suis convaincu que les personnes porteuses d’un  handicap ont des trésors à partager à la société. Il est donc important de ne pas les laisser continuellement entre elles !  

Elles ne sont pas juste des personnes qui consomment des « produits de consommation que d’autres ont fabriqués », ni des « produits à exploiter via des activités qui ne visent que leur distraction et leur bien-être ».  Des personnes disent : « Les personnes handicapées n’ont pas d’argent , on ne saurait donc pas les exploiter! ». Si! Mais l’argent proviendra de sponsors et autres mécènes qui croient bien faire en aidant les « pauvres petits handicapés ». L’argent sera économisé via les heures de travail des éducateurs payés en journée, plutôt qu’en soirée et le weekend et via les frais de trajets économisés. C’est en effet plus cher de conduire les personnes à divers endroits de loisir (comme tout parent le fait avec ses enfants) que de conduire « tout le monde au même endroit » et dans un endroit « bien cadré par l’éducateur et des murs costauds ». Du coup, il ne leur est proposé que des activités où elles se retrouveront entre elles du matin au soir comme c’est déjà le cas en institution, à l’école, en vacances.  

2)  « Reconnaître leurs désirs. Le sentiment d’exister ne consiste pas seulement à combler les besoins de bien-être organique ou ceux nés de la vie en société. Il repose aussi sur l’expression et la prise en compte des désirs : ils ne sont pas un luxe réservé à ceux qui n’auraient pas de besoins « spéciaux ».[…] On leur signifie pourtant trop souvent : « Leurs besoins sont satisfaits, n’est-ce pas suffisant ? ».  

3)  La nécessité « d’entendre » les personnes handicapées, en dépit parfois de l’absence de mots 

4)  Les libérer de la cage des peurs ancestrales et des ignorances superstitieusesLa liste est longue des idées reçues, des préjugés, des stéréotypes et des affabulations qui les enserrent.  Dans notre histoire, il est en effet lourd l’héritage des règles d’exclusion envers ceux que l’on considérait comme des bannis de la société. Souvenons-nous qu’en des temps anciens on tuait l’infirme, qu’en des temps pas si anciens on l’enfermait.  

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De cette recherche sur l’inclusion il y a lieu de constater qu’il y a 7 conditions pour que cela soit une VRAIE INCLUSION.

1) Pouvoir aller partout et pouvoir dialoguer. Pas uniquement lui permettre de côtoyer les gens ou juste échanger avec eux des banalités du style : « Ça va ? Tu habites où ? Il était beau le match ou le film. Au revoir ! ». Etre partout avec tout le monde, c’est bien entendu valable aussi pour les homosexuels, les blancs, les noirs, les jaunes, les vieux, les jeunes, les étrangers, etc.  Connaître la même langue a ici toute son importance. Au minimum vouloir la connaître.

Etre partout, c’est dans les mêmes écoles, les mêmes parcs d’attractions, mêmes discothèques,  mêmes piscines, mêmes restaurants, etc. 

Aller partout dans les mêmes créneaux horaires des gens. Pas juste les moments qui arrangent bien la direction des institutions. C’est-à-dire surtout en journée quand les heures de travail coûtent moins chers. 

Avec l’ASBL Impros-J’Eux, via notre formule « Danse, Rire et Passions » , tout un temps, nous invitions tout le monde le mercredi après-midi et nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait là que des personnes porteuses d’un handicap. Ce n’était pas notre but. Alors nous avons changé de jour et nous travaillons en coopération avec des écoles. 

Maintenant, pour favoriser l’inclusion cela se passe durant les heures scolaires ou en début de soirées. Plus d’infos sur la page : « L’inclusion que nous défendons ». Et cela marche! (Cf. une vidéo d’une de nos Rencontres). Sur la page Facebook Impros-J’Eux ASBL,  vous pourrez constater que nous ne mentons pas.

 2)  Avoir le droit de faire des essais et erreurs Dire: « Quand ils sont ensemble, ils ont bon et cela leur fait plaisir » n’est pas un bon argument pédagogique. Certes c’est agréable de se sentir « en famille », en sécurité,  mais pas tout le temps. Certes c’est agréable de danser, bouger mais pourquoi ne pas aller dans une vraie discothèque, une vraie fête de village, une soirée dansante dans une institution voisine, etc. Il m’a été rapporté qu’en Amérique il y a des parcs d’attractions pour personnes ayant un handicap. Alors pourquoi pas des magasins, des cinémas , des villages, des piscines? 

3) Montrer que nous apprenons grâce à nos essais et erreurs (Cf. la page « Le Besoin de Reconnaissance »). Le jeu le ScraZami peut aider ici. Il ne faut donc pas attendre d’être « conforme ». Gérard JUGNOT dans le film « Oui mais » dit la même chose. Voici un court extrait:

Par contre, que l’accès soit amélioré partout c’est autre chose. Si un jour vous avez mal à un genou, une hanche, au dos ou au pied vous comprendrez vite que notre société n’est pas encore bien adaptée pour les personnes à « mobilités réduites », que ce soit un temps ou à vie. 

La société doit revenir à des valeurs plus coopératives et retrouver le goût du « bien vivre ensemble ». Pablo SERVIGNE le rappelle dans toutes ses conférences.

Un autre grand sage dit la même chose: Mathieu RICARD. Il fait l’éloge de l’altruisme. 

4) Montrer que la patience est une vertu encore actuelle. Patienter fait partie de la nature et se confronter aux rythmes et aux règles des autres aussi. Les surprotéger ne sert à rien si ce n’est sécuriser les adultes qui s’occupent d’eux. Etre juste « à la mode  » n’a qu’un temps. N’oublions pas que trop de plaisir tue le plaisir. Nous confondons plaisir et bonheur.  Les plaisirs immédiats amènent trop de DOPAMINE et nous devenons accro. Il en faut toujours plus. Robert LUSTIG le prouve.

Que faut-il faire alors? Nous devons tous apprendre à différer notre plaisir tout en l’anticipant avec joie. C’est ce qu’explique aussi Frédéric LENOIR, philosophe. Il parle de cela dans une de ses conférences et dit même que c’est une clé au bonheur de pouvoir différer son plaisir. Le « tout tout de suite » n’est pas judicieux. C’est un argument commercial pour que l’on consomme plus (Cf le documentaire : « Temps de cerveau disponible »).

Elios KOTSOU le dit aussi sur http://www.levif.be/actualite/sante/pour-acceder-au-bonheur-il-faut-etre-lucide/article-normal-23911.html .

Cet article du Vif est très bien fait. Merci ! Cela relativise vraiment cette recherche du « plaisir immédiat » tant prônée par les entreprises commerciales et largement diffusées par les médias qui suivent les « modes » ou ceux qui sont déjà très médiatisés.  

Pierre RABHI qui lui aussi a été pris pour un fou durant des années avant d’être mondialement connu, propose d’aller vers une « sobriété heureuse » et dénonce aussi le « monde actuel » qui favorise les «boîtes». 

 5) Rappeler que la baguette magique d’Harry POTTER n’existe pas et que nous ne sommes pas dans le pays des Bisounours.

Des personnes nous ont reproché que les élèves étaient obligés de venir à nos activités étant donné que c’était organisé par l’école. Or, pour nous, c’est un bon début. Nous semons ainsi des « graines d’humanité » et permettons de créer des liens.

Cela prendra du temps de changer les mentalités, d’accord et se sont les écoles qui peuvent mieux le faire. Voilà pourquoi nos aimons faire des Rencontres dans les écoles, de la maternelle aux classes supérieures. Comment voulez-vous que les personnes handicapées fassent moins peur, soient plus inclues dans notre société si elles restent continuellement entre elles?

  

6) Ne plus viser la « normalité » mais la « complémentarité ». « Il faut qu’elles soient dans les « normes », pour pouvoir rejoindre les personnes dites « normales » m’a-t-on dit. Ces personnes trouvent encore aujourd’hui notre démarche ridicule. Pour elles, nous sommes des Bisounours. Or c’est faux. C’est le contraire!  Alors d’où vient cette volonté d’être dans la « norme »? Hé bien de la compétition qui se trouve dans le monde du travail, mais aussi dans la mode, le sport, les loisirs. Pour Albert JACQUARD, la compétition ne favorise pas l’inclusion. Pour lui, toute compétition est un suicide.

Nous devons apprendre à coopérer, pour ne pas devenir des moutons..

Pour voir une de ses plus célèbres conférences où il parle des dangers de la compétition, nous vous invitons à aller sur la page « Nous pensons comme eux ».

« Il faut protéger les personnes handicapées. On va se moquer d’elles »ai-je souvent entendu. Or, comme expliqué plus haut, les frustrations et moqueries font partie de la réalité de tout le monde. Cela construit autant que les réussites. Lorsque nous allons dans les écoles c’est cela que nous montrons : NOUS SOMMES TOUS DIFFÉRENTS MAIS AUSSI TOUS PAREILS. Nous avons les mêmes passions, les mêmes peurs ou mêmes « pas peur », vivons souvent les mêmes expériences physiques (aller à l’hôpital, chez le dentiste, perdre un être cher, supporter nos frères et sœurs,  etc.) . Tous nous avons été sujets à des moqueries, de critiques, des expériences ratées… Ce n’est donc pas réservé aux handicapés, aux noirs, aux arabes, aux blondes, aux Belges, aux Français, … Ne pas aller « à l’extérieur » de crainte qu’on se moque d’eux est une utopie.

Vivre dans des « mondes parallèles », dorés, en étant coupé du monde réel n’est pas sain. C’est juste de la facilité et de la rentabilité…  Pas besoin d’avoir fait de hautes études pour ainsi « surveiller/contenir » les personnes. Bientôt un robot suffira ! Les robots sont de plus en plus performants et savent même conduire des véhicules… et calmer quelqu’un via une petite décharge électrique. Le règne de « Robocop », n’est pas loin, des éducateurs sous payés et peu formés préparent le terrain.

Si nous ne voulons pas de ce monde là, apprenons à nos jeunes et adultes à être plus autonomes dans le monde réel, pas à y être marginalisé. Cela n’empêche pas de se ressourcer en famille de temps à autre. Mais pas tout le temps.

7) Permettre l’inclusion, c’est oser s’opposer aux gens qui interdisent l’entrée des personnes « différentes » dans les établissements « classiques » ou à ceux qui cherchent « à les mettre en boîte » Les Droits de l’Homme existent pour tous. Nous devons nous battre pour que tout le monde soit accepté partout. Désolé si cela dérange le « système »…

Comme le suggère J.F. FILY,  directeur d’un Mas en France:

 » Il faut s’interroger continuellement à la question du « Bien Vivre Ensemble » dans le respect de la diversité et interpeller notre société à lever les obstacles environnementaux, (= accessibilité pour tous, pas de différences selon l’âge, le sexe, la culture, le handicap, l’aptitude physique, etc.) pour changer les représentations mentales de chacun. Celles-ci amènent des peurs et créent des normes. Il y a lieu d’apaiser celles-ci en permettant aux personnes de se rencontrer réellement. Les « politiques » doivent mettre cela en priorité dans leurs agendas ».

 Alors, tous ensemble, si nous pensons que l’inclusion est possible , si nous nous mettions à coopérer nous aussi. Qu’en pensez-vous? 

  

Via la citation ci-dessus, qu’elle met sur son site, je tiens à remercier Marine TIGNON et espère bien vite la rencontrer afin de mettre en place des actions inclusives franco-belge. Grâce à une équipe d’Impros-J’Eux française, « Les Makombas » de Boigny sur Bionne, nous avons déjà commencé, mais nous pouvons , tous ensemble, aller encore plus loin afin de créer un Monde plus Inclusif. 

A bientôt !

Marc LEGROS

 

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